L'alimentation peut-elle influencer l'asthme ?
Alimentation et troubles respiratoires. La piste de l'alimentation comme prévention des signes d'asthme commence à prendre de l'essor. Plusieurs études, notamment une menée auprès de 2 100 Canadiens et Américains, mettent en évidence la carence en certains composants alimentaires et une plus grande fréquence d'asthme.
Un taux faible en vitamine A et C et une faible consommation de poissons riches en acides gras oméga-3 comme le saumon et la truite s'accompagnent d'une diminution des fonctions pulmonaires et plus fréquemment de troubles respiratoires comme l'asthme ou la bronchite chronique. Un apport élevé en oméga 3 chez des athlètes a permis de montrer une moindre fermeture des bronches Par contre la vitamine E n'influe pas sur le risque d'asthme.
Conclusion : Le bon développement pulmonaire d'un sujet jeune nécessite un apport suffisant en fruits et légumes (vitamines C et E) ainsi qu'un apport en oméga 3 que l'on retrouve dans le poisson. Une autre étude a consisté à faire ingérer à des volontaires des pousses de brocolis et autres crucifères comme le chou-fleur. Les glucosinolates contenus dans ces fibres se transforment sous l'effet de la mastication en sulforaphanes. Ces substances augmentent la production d'enzymes antioxydantes au niveau de la muqueuse nasale qui permettent de mieux combattre l'inflammation nasale chez les personnes sensibilisées ou celles présentant une réaction aux agresseurs quotidiens que sont les fumées de voitures, de tabac ou le pollen. Il semble donc qu'une alimentation faisant la part belle aux légumes, qui permettent d'apporter des antioxydants, renforce les moyens de défense de l'organisme contre diverses maladies comme l'asthme et l'allergie. Bien évidemment, le nombre élevé de composants alimentaires permet de penser que l'asthme et les allergies ne sont pas influencés que par quelques vitamines et anti-oxydants. A présent, il semblerait que la Vitamine B9 interfère également dans la régulation de l'inflammation. Cette vitamine est surtout connue pour la prévention d'anomalies de la moelle épinière chez le nourrisson durant le premier trimestre de grossesse. Elle semble avoir son importance dans l'asthme et l'allergie comme en témoigne l'étude suivante. Parmi une cohorte de 8 000 personnes âgés de 8 à 25 ans, ceux qui avaient un taux au-dessous de 8 ng/ml présentaient un risque plus important de
- 40 % de sifflement respiratoire
- 31 % de présenter une allergie,
- 16 % pour l'asthme.
Lorsque les taux étaient élevés, au-dessus de 18 ng/ml, le risque était moindre. Peut-on en tirer des conclusions ? Pas encore car :
- Les résultats sont peu probants
- Le mécanisme d'action dans la régulation de l'inflammation de l'asthme n'est pas encore élucidé.
Conclusion: On ne peut pas en tirer des recommandations ni conseiller une supplémentation aux personnes souffrant d'asthme et d'allergie. Cela confirme toutefois qu'une alimentation équilibrée, faisant la part belle aux légumes mais aussi dans le cas présent à certains aliments répertoriés ci dessous contenant de la vitamine B9, n'est pas à négliger pour contrôler au mieux son asthme ou son allergie. Un rappel concernant les folates : Stockage des folates. Le foie renferme la moitié des réserves en folates de l'organisme. Le reste est essentiellement contenu dans les globules rouges et récupéré lors de leur destruction. Les réserves s'épuisent environ en 4 mois chez un homme jeune bien nourri soumis à une restriction en folates. Pour bien consommer des folates, il faut privilégier:
- Les légumes verts et les fruits. La plus grande partie des folates alimentaires est apportée par les légumes verts (salades, épinards, petits pois, endives, haricots, choux, avocat…) et les fruits (orange, fruits rouges, melon, banane…).
- Les fromages sont une bonne source. Les fromages affinés de type bleu ou camembert en contiennent beaucoup. Les oeufs, le foie et le pâté de foie, les graines et oléagineux (maïs, châtaigne, pois chiche, noix, amandes…) ou leurs dérivés (farines, semoules, pâtes, pains et riz complets) permettent de varier les apports en folates.
- Des aliments peu riches en folates, mais consommés régulièrement (comme le pain, les pommes de terre ou les pommes) représentent un apport intéressant.
L'acide folique est très sensible à l'oxydation, la chaleur, la lumière et à l'ébullition. Sa destruction est d'autant plus importante que les aliments sont épluchés ou fractionnés. Les bonnes habitudes :
- La salade verte en entrée comme les soupes à base de légumes secs en hiver à consommer quotidiennement représentent un apport facile.
- Ces salades peuvent s’enrichir de fruits secs (noix, amandes,) de maïs et ainsi augmenter les apports en acide folique.
- Les cuissons courtes, à la vapeur ou en pression de préférence, permettent de bien conserver l’acide folique des aliments durant la cuisson.
- Prendre un kiwi ou un agrume au petit-déjeuner, c’est assurer un bon apport à compléter par la consommation quotidienne de 600 g de fruits et légumes même surgelés.
Pour avoir la meilleure santé possible, mangeons sainement : 5 fruits et légumes par jour et de bons acides gras comme les omega-3
Source:
Matsui E.C. et coll. Higher serum folate levels are associated with a lower risk of atopy and wheeze. The Journal of Allergy and Clinical Immunology . 2009.03.007
L'acide folique. lien Alimentation et grossesse
Riedl MA et al. Oral sulforaphane increases Phase II antioxidant enzymes in the human upper airway, Clin Immunol. 2009 Mar;130(3):244-51.
Mickleborough TD et al. Protective effect of fish oil supplementation on exercise-induced bronchoconstriction in asthma.Chest, 2006 Jan;129(1):39-49.
Allen S. et coll. Association between antioxidant vitamins and asthma outcomes: Systematic review and meta-analysis.Thorax Apr 2009.
Modification de page le 02/10/2010



