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Etat de l'asthme en France: les maisons de l'asthme sont plus que nécessaires !


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Les études statistiques menées par l'IRDES (Institut Recherche et Documentation en Economie de la Santé), à partir de l'Enquête la santé et la Protection Sociale, évaluent la fréquence de l'asthme en 2006 ainsi que la répartition selon les stades de sévérités.

  • Six asthmatiques sur dix sont insuffisamment contrôlés d’après les recommandations internationales : 46 % partiellement et 15 % non contrôlées.
  • L'asthme est toujours présent en France et 6,27 % de la population française en souffre en 2006.

Quelle est la fréquence de l'asthme en France en 2006

Les chiffres suivants montrent que l'asthme ne diminue pas en France

  • 7 % de la population a dû prendre en 2006 des traitements concernant l'asthme (c'est la prévalence de l'asthme en 2006) et 10,2 % de la population a pris un traitement anti asthmatique à un moment quelconque de sa vie (asthme cumulatif). Ces chiffres, plus bas en 1998, étaient de 5,8 et 6,2 %.
  • 10 % des garçons sont asthmatiques entre 5 et 10 ans et seulement 6 % des filles. La proportion de  femmes asthmatiques prédomine après l'adolescence.
  • L'asthme régresse jusqu'à 50 ans pour remonter après 65 à près de 8 %.

L'asthme s'accompagne fréquemment d'autres maladies associées  comme :

  • l'eczéma
  • la rhinite allergique
  • un reflux gastro-oesophagien
  • une obésité
  • une anxiété ou une dépression

Ces pathologies associées, qu'ils importent de contrôler autant que l'asthme, aggravent encore le ressentiment négatif véhiculé par l'asthme.

Comment est ressenti l'asthme ?

L'asthme induit un sentiment quotidien de ne pas être pleinement au mieux de sa forme puisque:

  • 38 % des personnes asthmatiques s'estiment en moins bonne santé à cause de leur asthme et cette proportion va jusqu'à 50 % chez les femmes.
  • 28 % des asthmatiques disent devoir limités leurs activités physiques du fait de l'asthme contre 14 % chez les non asthmatiques.

Quels sont les caractères plus fréquemment rencontrés chez les personnes asthmatiques mal contrôlées de plus de 16 ans ?

 

  • L’âge : Il est établi que plus le patient avance dans le temps plus le risque d’avoir un asthme mal contrôlé augmente.
  • Le sexe car les femmes  ont un asthme plus mal équilibré que les hommes (60 contre 40 %).
  • Le surpoids et l’obésité : un asthmatique sur six est obèse. La proportion de personnes en surpoids (32 %) ou obèses (19 %) est d'autant plus importante que l'asthme est en situation non contrôlée par rapport aux asthmatiques contrôlés (respectivement 26 et 14 %).
  • Le tabac Il y a autant d’asthmatiques chez les fumeurs et les non fumeurs. Le risque de ne pas contrôler son asthme augmente dans le groupe fumeur.
  • Le niveau social et le niveau d’étude : ces facteurs sont également corrélés au contrôle de l’asthme. Plus les niveaux sont élevés, meilleur est le contrôle de l’asthme. L’asthme est plus fréquent dans les couches sociales basses (9,7 % contre 5,8 %). De même, les employés et ouvriers ont en général un plus mauvais contrôle de leur asthme que les cadres ou professions intellectuelles. Citons l'exception représentée par la catégorie des agriculteurs. Dans cette population, la probabilité d'avoir un asthme contrôlé est plus importante que la population prise en référence; ceci est-il consécutif au mode de vie et à l'environnement dans lequel vit la population agricole ?
  • Le niveau d'étude : parmi les personnes à faible niveau d’étude, 26 % ont un mauvais contrôle de l’asthme et seulement chez 20 % chez les personnes ayant un niveau d’études supérieures. Ces 5 % d’écarts se retrouvent entre les groupes à bas et à haut revenus financiers (15 contre 10 %).
  • La vie dans un foyer mono-parental constitue aussi une plus forte probabilité d'avoir un asthme mal contrôlé.

 

Le niveau de traitement correspond-t-il au niveau de gravité de l'asthme ?

Rappelons les critères de classifications de l'asthme dans l'enquête EPS et les paliers de traitement selon l'intensité des symptômes :

Sur l'ensemble des asthmatiques, 52 % prennent un traitement à la demande et un traitement de fond pour 43 % d'entre eux. Avant de s'attarder sur les asthmes mal équilibrés, on constate que l'équilibre des 39 % de personnes dont l'asthme est contrôlé, est du en majorité à la prise d'un traitement à la demande dans 56 % des cas et pour 44 % d'entre eux à la prise régulière d'un traitement de fond. Dans la population d'asthmatiques mal contrôlés : Plus de 50 % des asthmatiques ont un traitement qui n'est pas en rapport avec l'intensité de leur asthme, 58 % des patients insuffisamment contrôlés et 24 % des patients totalement incontrôlés prennent, de manière inadaptée, un traitement à base de bronchodilatateur à la demande (niveau 1); 22 % des asthmatiques sévères restent malheureusement incontrôlés malgré des traitements intensifs de niveau 4 ou 5. Plus l'asthme est non contrôlé, plus le pourcentage de traitement quotidien par corticoïdes inhalés augmente progressivement.

Les traitements discontinus sont-ils aussi fréquents chez les enfants ?  

Une étude conduite après d'enfants de 0 à 9 ans du nord-est des Pays-Bas a permis de cerner un certain profil des traitements apportés aux enfants asthmatiques. Le traitement discontinu de l'asthme est très fréquent : 60 à 90 % des enfants n'ont qu'un traitement intermittent. Le traitement continu est plus fréquent si la prescription survient à l'âge de 2 ou 3 ans et plutôt intermittent si la première prescription débute avant l'âge de un an. Le type de traitement interfère en grande partie : les bronchodilatateurs  Ã  courte durée d’actions prescrites seuls sont plus souvent associés à des traitements intermittents et l'association bronchodilatateurs et corticoïdes inhalés à des traitements continus. En conclusion, l'âge de la première prescription et le type de traitements prescrit permettent de prédire si le traitement sera plus probablement continu ou intermittent.

Que constate-t-on chez des enfants âgés de 3 ans et plus qui ont été hospitalisés en France pour crise d'asthme entre Novembre 2006 et Novembre 2007 ?

Les premiers résultats ont fait l'objet d'une communication au 12ème Congrès de pneumologie de langue Française en février 2008.

Quelles sont les constatations

  • L'asthme était méconnu dans 27 % des cas,
  • La crise d'asthme était grave dans 25 % des cas.

Particularités chez les enfants asthmatiques connus hospitalisés

  • pour 23 % d'entre eux le contrôle de l'asthme était évalué comme optimal et médiocre pour 29 %.
  • Seuls 25 % avaient eu une exploration fonctionnelle respiratoire et
  • 40 % seulement prenaient des corticoïdes inhalés comme traitement de fond

Au cours du mois précédant l'hospitalisation 

  • 49 % des enfants présentaient un contrôle de l'asthme inacceptable et
  • 51 % d'entre eux n'avaient pas de traitement de fond  !!

Au cours de l'année précédant l'hospitalisation

  • 1/4 furent déjà hospitalisés,
  • 3/4 avaient nécessité des soins non programmés dont 1/3 aux urgences de l'hôpital,
  • 42 % durent prendre des corticoïdes en comprimés.

Que peut-on dire de ces premiers résultats : Ils existent nombre d'enfants dont les signes cliniques n'ont pas aboutis au diagnostic d'asthme et dont la prise en charge de fond n'est pas débutée.

Lorsque l'asthme est connu, le bilan permettant d'explorer l'asthme et d'en déterminer la gravité n'est pas effectué dans les 3/4 des cas. Ce qui amène à une prise en charge inadéquate. C'est peut être une des raisons pour laquelle le traitement de fond est peu prescrit d'où un mauvais contrôle de l'asthme.  L'asthme est trop fréquemment évalué comme stable ou optimal par les parents des enfants asthmatiques. Ces chiffres permettent peut-être d'expliquer :

  • Le nombre de décès annuel qui certes diminue mais reste encore trop élevé. Le taux annuels de mortalité par asthme diminuent progressivement de 1980 à 1999 avec un sursaut en 1986 qui était peut être secondaire à l'épidémie de grippe l'hiver précédent. Poursuite de la décroissance de 2000 à 2004 : hommes: 1,1/100 000 hab (-13,5 %) - femmes: 1,3/100 000 hab (-7,5 %)
  • Moyenne annuelle des décès par asthme : 1 335 décès entre 2000 et 2004 et seulement de 92 décès par an chez les enfants et adultes de moins de 45 ans. Le taux standardisé de mortalité par asthme en France était de 1,3/100 0000 ce qui est identique à celui de l'Europe des 15 et un peu plus bas que celui de l'Europe des 27 (1,4/100 000).
  • Le taux d'hospitalisation pour l'asthme qui, malgré cette triste réalité, diminue de 5 % en moyenne par an de 1998 à 2004. Cette diminution concerne les enfants de 5 à 9 ans et plus encore ceux qui sont plus âgés. Toutefois le taux d'hospitalisation ne baisse pas dans la tranche d'âge de 0 à 4 ans.

En conclusion:

  • L'asthme est une maladie qui ne baisse pas en fréquence.
  • Le taux d'hospitalisation régresse ainsi que le taux de décès.
  • Elle reste trop souvent mal contrôlée.
  • L'existence de certains facteurs individuels augmente le risque d'avoir un asthme mal contrôlé. L'identification des facteurs de risque par le thérapeute afin de mieux cerner un patient à risque permet d'accentuer la prise en charge au moyen d'une éducation thérapeutique adaptée.

 

En résumé, un asthme incontrôlé doit bénéficier

  1. d'un suivi pneumologique régulier avec une exploration fonctionnelle respiratoire annuelle,
  2. d'une prise en charge au sein d'une maison ou d'une école de l'asthme
  3. d'une visite à son domicile et éventuellement sur son lieu de travail de la Conseillère Médicale en Environnement Intérieur

 

Sources : INVS Afrite A et coll. L’asthme en France en 2006 : prévalence et contrôle des symptômes.IDRES, Dec 2008 N° 138. Sante.gouv.fr Schlokker S et coll. Prescribing of asthma medication in primary care for children aged under 10.Prim Care Respir J Aug 2009; Aug 6. Fuhrman C et al. Caractéristiques des enfants hospitalisés pour crise d'asthme en France