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L’inobservance des patients asthmatiques


L’observance du traitement par les malades asthmatiques est évaluée globalement à 57 % toutes méthodes confondues et se situe entre 40 et 70 % selon les méthodes objectives. Une faible observance aggrave la symptomatologie et augmente le recours aux soins tandis qu’une bonne observance apporte un meilleur contrôle de la maladie.

Les adolescents présentent une observance particulièrement faible (43 %), indépendante de la sévérité de la maladie. Ils se répartissent en 2 grands groupes : ceux qui acceptent le traitement (corrélation avec l’observance) et ceux qui le vivent comme un fardeau.

Les autres facteurs qui influent sur l’observance de l’enfant et de l’adolescent sont nombreux : l’âge (l’inobservance diminue à l’adolescence), la mauvaise connaissance de la maladie et du traitement, le mode thérapeutique (prise unique le soir de préférence), l’adhésion au système d’inhalation, le comportement parental, la culture, les croyances, l’accès aux soins, le contexte psychopathologique de l’adolescence (stress, dépression, anxiété).

Chercher à améliorer l’observance chez l’enfant asthmatique revient à l’aider à acquérir un nouveau comportement. Selon le modèle de Prochaska cette acquisition passe par plusieurs étapes : posséder l’information, y adhérer, décider le changement, l’initier et le maintenir. Il importe donc d’identifier les facteurs de risque de non observance, que la pathologie soit contrôlée ou non et d’établir une relation à 3 avec les parents le plus souvent.

Le médecin lui-même doit connaître les recommandations en cours, le fonctionnement des différents dispositifs d’inhalation. En posant 2 questions, sur la réalisation du geste et sur l’appréciation du dispositif, il peut arriver à simplifier le traitement et à choisir le bon traitement de fond.

Il faut savoir écouter le patient, sans jugement, en cherchant les actions positives. La durée, la qualité et la régularité des consultations ont un impact sur l’observance. L’information du patient et de ses parents doit être simple mais complète, en utilisant des supports visuels, en proposant des réponses pratiques (traitement près du bol du petit déjeuner ou de la brosse à dents, alarme du portable). Le rappel du traitement ou de la consultation par téléphone ou par texto commence à être pratiqué et semble apprécié par les adolescents. Le passage à un autre dispositif d’inhalation, représente un risque et nécessite une nouvelle démonstration, pour éviter une mauvaise utilisation et une détérioration du contrôle.

L’élaboration d’un plan d’actions écrit doit s’accompagner des explications nécessaires.

En dehors de la consultation, d’autres aides sont mobilisables : accompagnement par un superviseur (à la maison, à l’école), utilisation des media (internet, avec vidéos et jeux interactifs), éducation du patient à l’école de l’asthme.

Source : Texte rédigé à partir d’une publication sur l’inobservance des patients asthmatiques (Dr Gabriel Soyeux)

 le challenge de l’observance. 7ème congrès francophone pédiatrique de pneumologie et d'allergologie (CFP2A) –17-19 novembre 2011 - Paris